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Mon premier carénage PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 08 Juin 2004 02:00

Mon premier carénage.
par Alain (FANAN) - 08.06.2004

 

Ca y est, je profite bien de mon tout nouveau bateau depuis quelques mois,
mais je vois arriver avec appréhension l'heure de mon ... 1er carénage !

Quelques conseils et une check-list peuvent éviter des soucis.

1ère étape : Préparer le grutage.

Les grutiers connaissent bien leur métier et sont très souvent des gens de confiance.
Par contre, ils peuvent ne pas connaître votre bateau et ses caractéristiques.

Pour passer le palonnier il faut bien mollir le pataras, parfois même le défaire du ridoir. Attention, danger !

Le pataras tient le mat en l'empêchant de tomber sur l'avant. Il faut impérativement prendre une drisse, par exemple la drisse de GV, sur le rail de fargue pour éviter que le mat ne bascule sur l'avant. Un First 30 ami en a fait tout récemment l'expérience. Donc sur ce point, n'hésitez pas à prendre du temps et à bien assurer.

Sur FANAN, la sonde du loch est sur le passage de la sangle avant, juste en avant de la quille. Je dois la retirer avant le grutage, sinon elle serait broyée. Je passe toujours les sangles moi-même, en vérifiant bien qu'elles ne fassent pas de tour pour qu'elles portent bien à plat.

 

Un bon bout à l'avant, un à l'arrière pour contrôler la rotation du bateau, il n'y a plus qu'à descendre et laisser le grutier agir, jusqu'au calage du bateau sur un ber.

2ème étape : Gratter la sous-marine.

Placer l'échelle, on a toujours besoin de monter à bord, sans oublier de l'assurer par un bout, par exemple sur le rail de fargue pour éviter qu'elle ne glisse, les chutes font très mal depuis 2 m de haut. •  

Tant que la sous-marine est mouillée, c'est facile de nettoyer les algues. C'est beaucoup plus difficile à sec. Je passe le bateau au jet régulièrement jusqu'à avoir fini cette étape. Mes outils favoris : un couteau à mastic pour la barbe verte à la flottaison et un « spontex/scotch Brite » de cuisine (une gratte verte). A partir de là, c'est de l'huile de coude et du jet d'eau pour rincer en permanence la gratte verte qui s'engorge. Pour faire toute la coque, il me faut environ 1 h ? 2 heures.

Je n'aime pas les Kärchers qui marchent très bien, ou "trop bien". C'est très tentant, mais mettez (prudemment) la main pour comprendre ce que subit votre gelcoat. Faites très attention aux rotobuses qui sont vraiment très agressives.
Je n'ai utilisé le Kärcher que sur la quille mais je ne le fais plus car, à mes yeux, le gain de temps ne vaut pas le temps passé pour installer le système.
Je connais un chantier local qui propose un "Forfait Grutage + Kärcher" chez qui 2 amis se sont trouvés avec le gelcoat arraché à plusieurs endroits. "Osmose" parait-il, ou "si ça part, c'est que c'est fragile" ... Toujours est-il qu'ensuite c'est un autre chantier qui se profile avec plusieurs mois d'immobilisation et de gros frais. Je suis loin de parier sur l'innocence du procédé. Ce cas n'est certainement pas généralisable, mais entre la maladresse d'un manoeuvre en CDD qui passe le Kärcher comme il ferait autre chose ou des arrière pensées (la saison d'hiver est bien creuse mon bon monsieur), je suis très réservé sur cette pratique.

Donc gratte verte systématique pour moi.

A ce stade, il y a 2 situations.

  • Ou l'antifouling est régulièrement entretenu, gratté, sans sur couches et c'est simple et rapide. En 2 heures, c'est fini. Les gants, masque, casquette bottes et vêtements qui vont souffrir sont de rigueur.
  • Ou des couches ont été ajoutées les unes sur les autres et c'est alors le choix d'en rajouter une de plus ou de prendre le taureau par les cornes, le grattoir à lame tungstène dans les mains et de commencer un gros gros travail de décapage.

Il y a 1 an, j'ai opté pour la deuxième solution. C'est épuisant !
On avance centimètre par centimètre, il faut faire très attention à ne pas "mordre" dans le gelcoat (c'est très vite arrivé !) et les positions sont vite inconfortables. Pour fixer les idées, avec mon fidèle équipier N°1, on a mis 2 jours. Vive l'autoérodable !
Ensuite viennent les petites touches de gelcoat dans les inévitables trous, puis un poncage fin à l'eau pour lisser les inévitables accrocs, 1 jour de plus.

Là, j'ai été idiot. J'ai écouté les sirènes... « Le gelcoat qui était protégé par les multiples couches ne l'est plus, il faut mettre du brai époxy ou du VC Tar, 1 couche ce ne sera pas étanche et ça ne fera pas de mal... ». OK, va pour le VC tar, hors de prix, sur une coque qui ne peut pas être sèche, puis antifouling etc. Résultat 8 mois + tard en le sortant, j'avais des débuts de cloques (pour la première fois) de vraie osmose à l'odeur de vinaigre. Conclusion, j'ai repris le racloir et le papier de verre et entièrement enlevé ce film épais et caoutchouc, jusqu'au gelcoat à nouveau qui n'a reçu que de l'antifouling (pas étanche).
En fait j'avais réalisé les conditions idéales pour faciliter l'osmose en emprisonnant l'eau de la coque imbibée derrière un film étanche de VCTar. A bon entendeur...
Ne jamais appliquer de film étanche de type brai époxy sur une coque qui a déjà vu l'eau ou qui n'est pas rigoureusement séchée pendant de longs mois ! (et attention à la simple rosée du matin...!)


3ème étape : Vérifications.

C'est le bon moment pour vérifier soigneusement ses vannes et passe coques, faciles à changer le cas échéant en les remontant avec du sikaflex. L'électrolyse aidant, les parties en bronze  sont fragilisées au cours du temps. Il y a une bonne probabilité que la vanne corrodée lâchera quand vous ne serez pas à bord, et glou et glou...

Si la bague hydrolube a du jeu, c'est le moment de la changer. Attention un jeu important signe sans doute un problème d'alignement de l'arbre d'hélice. C'est une manip délicate, mais pas hors de portée d'un amateur. J'ai préféré la main du mécano à la mienne pour cette partie.

C'est le moment pour ausculter son joint tournant (a durée de vie limitée, 2 ans pour la partie graphite, 5 ans pour le soufflet, on a tendance à l'oublier) ou changer l'étoupe du presse-étoupe.

Dépose, nettoyage et remontage de la crépine moteur, à ce stade, on sent presque le vent dans les voiles.

Il est important de bien vérifier les anodes. Il est normal qu'elles s'usent.
FANAN en a en rosace sur la quille et une (anode noix) sur l'arbre d'hélice.
L'anode rosace doit être bien en contact avec la fonte et pas avec la peinture, pour faciliter l'échange électrique, l'anode jouera alors bien son rôle de protection, surtout si en plus de l'électrolyse usuelle, il existe des « fuites électriques », mais c'est un autre sujet.
Pour fixer l'anode noix, j'ai bien galéré et j'en ai perdu successivement 3 plus ou moins rapidement avant de trouver une bonne solution. Serrer à bloc ne suffit pas, marteler l'écrou le suffit pas non plus, du loctite va sans doute bien, mais ayant du placer la dernière en plongée, c'était inapplicable. J'ai utilisé une noisette de pâte-colle à 2 composants (Pattex ou autres dans les magasins de bricolage, ça ressemble à de la pâte à modeler), que l'on malaxe bien et qui polymérise en 10 minutes, même sous l'eau. J'ai noyé l'écrou et son alvéole avec cette pâte, mon anode a maintenant un an et travaille normalement.

Un coup d'oeil au jeu du safran qui doit être raisonnable, à la liaison coque quille, idéalement sans jeu ni suintement à la zone des fenêtres de boulons de quille qui doit être la plus discrète possible, on est prêts pour la partie peinture.

4ème étape : Antifouling.

Cette étape gratifiante (ça avance vite et bien) est précédée par un masquage de la ligne de flottaison avec un papier adhésif.
Pour le choix de l'antifouling, soit on met une matrice dure, mais qu'il faudra réellement poncer au prochain carénage, ici plus de gratte verte, soit l'autoérodable, qui comme son nom l'indique s'érode pendant la navigation. Attention au choix d'un antifouling au teflon, un antifouling « normal » tiendra mal ensuite, il faudra rester au téflon ou mettre le gelcoat à nu.

Je passe 2 couches au rouleau, en tirant bien pour éviter les surcharges et en croisant à 90 ° les passages de rouleau. Il faut bien agiter la peinture avant de la passer et respecter le plus rigoureusement possible les consignes des fabricants (temps de séchage etc). Sous les patins du ber, la coque n'est pas faite. Si le grutier est de bonne composition et que vous ayez le temps, demandez lui de déplacer le ber, mais attention cela veut aussi dire repasser les sangles et gruter. Pour que cela ait de l'intérêt, il faut que l'antifouling soit bien sec, sinon, vous aurez le relief des sangles incrusté dans l'épaisseur de la peinture, ce qui ne fait pas plaisir.

Sinon, lors de la mise à l'eau, gardez à portée de main grattoir et pot d'antifouling, il faudra attendre un petit quart d'heure avant de mettre à l'eau.

N'oubliez pas d'enlever le scotch de la flottaison, c'est plus facile à terre qu'à la nage.


Pour ce qui est de la peinture sur l'hélice et/ou sur l'arbre:
j'ai questionné des fabricants, leur réponse est claire : "si vous trouvez quelque chose, dites-le nous" ...
En fait rien ne tient, ni suif, matrice dure, antifouling pour hélice (à un prix hallucinant). La seule solution est de plonger ou d'attendre la marée et de jouer du grattoir et spontex dés que l'occasion se présente.
Attention aux coupe-orins qui coupent aussi très bien les doigts.

5ème et dernière étape : Mise à l'eau.

Avec les mêmes précautions pour le pataras, la mise à l'eau est rapide.
Il faut vérifier tout de suite les vannes et les passes coques qui ont pu être travaillés, ainsi que tant qu'à faire l'état des serre-joints.
Le joint tournant se sera asséché et le soufflet sera plein d'air. Il est important de le faire jouer en le bougeant de façon à ce que de l'eau coule et l'air parte. L'eau fait partie de la lubrification de ce type de joint. Logiquement le joint coule un petit peu lorsque l'arbre tourne. Allez, disons pour un volume de 2 à 3 pastis !

Il n'y a plus qu'à rincer abondamment le pont qui est forcément poussiéreux, remettre la sonde du loch que l'on a nettoyée entre temps et constater que l'on gagné au moins 1 noeud. Si c'est vrai, c'est que le bateau avait vraiment besoin de ce carénage... Plus prosadquement, nettoyer la sonde de ses coquillages et algues fait qu'elle va tourner plus rapidement. Il faut donc soit rêver, soit re-calibrer le loch, mais le ? noeud, c'est sur on l'a quand même gagné !

Je comprends que ceux qui ont la malchance d'habiter loin de leur bateau ou qui manquent de temps puissent confier le carénage à un chantier, mais c'est un travail accessible à tous et qui permet de vraiment connaître son bateau de la quille à l'antenne VHF !

Check list :

Pour l'humain : Lunettes, bottes, masques, gants jetables  et vêtement de travail.

 

Pour le bateau : Jet d'eau, couteau à mastic, gratte verte, papier de verre à l'eau 120, 200, 400, scotch papier collant pour marquer la flottaison, antifouling, rouleau, grille de peintre pour essorer le rouleau, chiffon  et/ou papier sopalin parce que malgré tout, on n'est pas des pros, acétone pour les tâches, anodes et pâte-colle, bague hydrolube éventuelle.


Il est prudent d'avoir à proximité un tube de Sikaflex, du WD40 et la trousse à outil, quelques bons amis ...
et à Marseille il est indispensable de disposer de pastis pour ponctuer les discussions !

 

Mise à jour le Mercredi, 01 Août 2007 12:09
 

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