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La troisième partie du journal de bord de Tafolpa lors de son périple 2006. PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 07 Juin 2006 02:00

La troisième partie du journal de bord de Tafolpa lors de son périple 2006.
par Charlotte et Pierre-André (TAFOLPA) - 7.06.2006


Croisière 2006 Ile d'Elbe
De Livourne à Portoferraio Ile d'Elbe
Portoferraio, le 7 juin 2006

Chers Amis,

Vous n'allez pas me croire, super ferry avait envoyé son petit frère avec huit de ses amis pour nous dire au-revoir, mais nous n'en sommes pas encore là, le départ de Livourne n'a pas été si rapide que cela.

Emoi sur le ponton ce mercredi matin, tout le monde avait prévu partir demain, mais la météo n'en fait qu'à sa tęte, vagues de 3,5 mètres au programme. Nous décidons de rester et nous nous préparons à sortir en ville pour vérifier à quelle heure part le bus pour Pise. Zut il se met à pleuvoir. «Madame, madame Tafolpa», crie le responsable tout excité sur le ponton avec deux amarres à la main. Madame Tafolpa s'enquiert du motif d'une prise de contact aussi surprenante qu'intempestive, en général ce genre de démarche n'a lieu ni sous la pluie ni à l'heure de la sieste.

La bonne nouvelle tombe à bord : il faut déplacer le voilier et tout de suite ! Hein, quoi maintenant, pourquoi maintenant sous la pluie. Il n'y a d'ailleurs pas que la pluie, un vent glacial s'assure que toutes les parties de notre corps renoncent définitivement au projet d'escapade qu'elles avaient espéré quelques instants plus tôt. Cette fois je comprends dit PAM en voyant un équipage hébété sur un voilier deux fois plus gros que le TAFOLPA, les propriétaires de la place que nous occupons rentrent dépités de leur croisière un peu plus tôt que prévu.

Après la douche intégrale de l'équipage, l'intérieur du voilier est indescriptible. Tenter de sauver ce qui est sec de la contamination n'est pas chose aisée, il y en a partout et cette humidité vous sape le moral. Alors pour couronner le tout, TAFOLPA organise une petite danse des outils comme il en a le secret. Cette année ce sont surtout les tournevis et le fer à souder qui ont la cote. Il y a bien eu une petite sortie de chignole mais on n'a pas encore vu le marteau, les limes et le boc fil. Pour ce soir il faudra colmater les hublots, ça pisse à plusieurs endroits, quand je vous disais qu'on avait été copieusement arrosés !

Tant pis on tente le coup. Nous voici partis sac au dos à la recherche de la Piazza Grande, c'est de là que partent les bus pour Pise, chance il y en a un toute les heures. Embouteillage formidable à l'endroit oů nous attendons notre carrosse. Une camionnette est arrętée à l'endroit réservés au bus qui eux-męmes s'octroient la piste des autos qui . l'Italie quoi, mais pardon, pas celle qu'on a vraiment en tęte. Deux gaillards pas vraiment costauds, pas armés, sont entrain de charger la camionnette avec des sacs plastiques remplis d'Euros, des sacs transparents pour mieux faire « signe extérieur de richesse » je présume. Et la mafia n'a pas débarqué, tout le monde et il y en avait, trouvait ça normal.

En une heure nous sommes à Pise, l'occasion de voir les bords de mer, la Marina et l'embouchure de l'Arno. Changement de bus et nous voici visiteurs de la fameuse tour. Avec les centaines de touristes qui tentent de la redresser, je ne comprends pas pourquoi elle penche encore. L'adret du site est intéressant historiquement et visuellement, les édifices semblent flambant neufs et éclatent de lumière dans un cadre magnifique. Le marbre est tellement ripoliné qu'il n'est pas certain que Galilée eusse osé ses expériences. L'ubac est affligeant, «c'est ici ! avait crié PAM dans le bus, il y a des marchands du Temple». Comment la vente de contrefaçons peut-elle exister à une telle échelle en Europe ? Interpellés tous les vingt mètres pour acheter une Rolex un sac ou un stylo de marque, pour ne parler que des vendeurs qui n'ont pas payé redevance (à qui ?) pour avoir devanture, . écourant.

Nous voici de retour au port et ce bref séjour sur la terre ferme nous fait prendre conscience de l'état de délabrement du ponton auquel TAFOLPA est amarré. Il nous communique ses mouvements désordonnés et notre démarche observé de la terre doit ętre celle de deux fętards ayant très largement dépassé la limite d'alcoolémie décente. Non franchement nous n'avons bu que du café et une toute petite bière, c'est donc bien la faute au ponton. Après concertation, nous sommes certains que ce sont les bateaux qui tiennent le ponton. Je renonce à justifier notre point de vue, il faut nous croire ou aller voir sur place.

Encore une nuit très courte, c'est la soirée disco sur le «voyager on the sea », il est amarré en face de nous et le départ de TAFOLPA est fixé à 06h00, nous n'avons pas envie de rencontrer super ferry dans l'entrée du port. C'est à l'heure prévue que nous tournons la première bouée, juste derrière le canot d'un pilote qui met plein gaz.

Neuf, ils sont neuf à l'entrée du port. Ils font la queue pour voir TAFOLPA, nous n'avions jamais imaginé avoir un tel succès. Le premier est le frère jumeaux du Club Med II, dommage que ses mats soient de la frime, il a une belle silhouette avec la brume en arrière plan. Juste derrière le frère de super ferry et un porte-conteneur qui semble lui dire «tires-toi j'étais là avant». Mais nous avions tout prévu, assez de fond derrière les bouées du chenal d'entrée . la porte des artistes.

Superbe navigation au portant. La voilure est gonflée à craquer, nous avons pris un ris au départ et nous avons bien fait, nous marchons entre 6,5 et 7,5 nouds en permanence. Le ciel est bas et tout est gris. Nous enfilons les vestes de gros temps puis nous ajoutons les doublures, des rafales de vent à 30 nouds nous mettent la pression, oui nous sommes bien le vendredi 2 juin.

Comment les chalutiers savent-ils que de très nombreux et gros poissons se trouvent sous le TAFOLPA ? Ceci est l'un des nombreux mystères de notre vie maritime. Que ce soit dans le Golfe du Lion, en Sardaigne ou en Italie, les chalutiers font route droit sur nous. Pas juste quelques minutes mais jusqu'à la confrontation finale, le bras de fer. Vous avez beau changer de cap deux ou trois fois, ce poisson est à eux et ils le veulent. A moins que ce soit notre pavillon : «ça n'a męme pas de mer et ça vient faire les malins chez nous». Aujourd'hui PAM observe la manouvre depuis un certain temps, ça suffit cette fois, on ne change plus de cap. On est passe à plein tube 50 mètres devant lui, en ne sachant plus très bien qui fait peur à qui. Il a gueule un bon coup en italien dans la radio en disant que lui il bosse. et nous souhaite bonne route. Au prix oů est le gasoil cela doit ętredéprimant de voir passer un voilier à 7 noeuds avec plein de poissons dessous!

La partie de toboggan dure six heures. Devant le port de Salivoli (Piombino), des rafales de vent dans tous les sens compliquent un peu l'affalement des voiles et leur rangement, nous sommes contents de pénétrer dans le port oů tout est calme, plus de vent, plus de vagues. Assommés par la chaleur soudaine, due à un équipement qui n'est plus vraiment adapté et à l'effort que nous venons de fournir, nous ôtons nos lourds vętements. C'est ce moment que choisi le foutriquet de service pour sortir une tronche pas vraiment sympathique de la fenętre de sa tour de contrôle. On ne comprend pas un mot de ce qu'il nous crie, si quand męme, les gestes sont éloquents. En français il aurait probablement dit : «mais c'est quoi ces enfoirés qui osent pénétrer dans mon port sans autorisation, vous ne savez pas lire, vous devez appeler sur le canal VHF 9, sortez d'ici et recommencez». CHA prend alors la radio, SALIVOLI, SALIVOLI, SALIVOLI, ici TAFOLPA Tango Alpha Foxtrot Oscar Papa Alpha, over . elle le répète sans arręt avec des variations de texte et sans vraiment laisser à l'autre le temps d'identifier la langue. PAM à la barre se délecte en voyant le gars débouler sur le ponton avec sa radio qui fait l'écho de ce qu'il entend à bord, CHA a oublié de réduire la puissance d'émission, il a enfin compris que le dialogue radio n'aurait pas lieu.

Encore une belle navigation ce samedi 3 juin, nous traversons sur l'Ile d'Elbe, le but de notre voyage. Nous ręvons de mouillages, de baignades, de pęche, de vacances d'été tout simplement. Après avoir navigué sur la côte est, c'est au mouillage de la baie de Porto Azuro que nous jetons l'ancre. Cette charmante petite cité portait le nom de Portolongone, elle fut tourmentée pendant des siècles par les Sarrasins, les Français, les Espagnols, les Allemands au début du 19 ème siècle elle était de nouveau française. Pour nous rendre au village, nous utilisons notre annexe gonflable dotée d'un minuscule moteur hors bord. Le site est merveilleux mais l'eau n'est toujours pas chaude et le ciel est systématiquement couvert le matin.

Nous poursuivons notre tour de l'Ile, dans le sens horaire. Le vent a tourné, il reste une seule baie capable de nous abriter sur la côte Sud, si le vent ne vire pas de quelques degrés ! Nous visitons les criques. Des restes d'installations de traitement des minerais défigurent la côte à plusieurs endroits. Plus globalement la côte elle-męme porte les stigmates de l'exploitation de mines à ciel ouvert. Plus loin la côte redevient belle et sauvage.

Nous atteignons Marina di Campo, il est à peine midi, nous sommes amarrés sur un corps mort. Aucune place au port, impossible de rejoindre une partie mieux abritée, les fonds sont insuffisants. Il faut se résoudre à l'évidence, Elbe ne veut pas nous offrir l'hospitalité, il faut aller voir plus loin. Nous piqueniquons donc sur notre corps mort avant de repartir. Ce passage est répugnant, je l'avoue, mais c'est comme cela qu'on appelle une masse de pierre coulée au fond avec une bouée qui signale l'endroit et un bout pour attacher un bateau. Dommage de ne pas pouvoir passer au moins une journée dans ce très vieux port de pęcheurs. Réflexion faite, nous ne sommes pas sûrs que les autochtones souhaitent vraiment avoir des touristes chez eux et d'une certaine manière on peut les comprendre.

Le port que nous atteignons ce lundi est celui de Marciana Marina. Le ciel est bas, les nuages se trainent sur le mont Capanne qui culmine à 1018 mètres. L'accueil est très chaleureux et compense les effets d'un flux glacial de nord-ouest. Le cercle de la voile gère le port d'une manière très pro. Le site est également très beau mais nous pensons à nos mouillages. Le problème est que les vents sont forts mais variables, à l'extérieur il n'y a pas qu'une houle mais plusieurs qui s'entrecroisent. Allez donc choisir un mouillage tranquille dans ces conditions. Oui nous souhaitons un mouillage tranquille, nous avons déjà suffisamment passé de temps dans la machine à laver. Pour ce qui est de la baignade nous avons compris, pas la peine d'insister.

Mercredi 7 juin, on s'arrache du port pour trouver ce merveilleux endroit dont nous ręvons depuis une semaine. PAM en a élu deux sur la carte, juste à côté. L'eau est claire mais . c'est quoi ce truc au fond, on dirait un tuyau. Merde (c'est le mot de circonstance), les égouts, on se casse vite fait. La deuxième option est à l'abri des rochers du Cap d'Enfola, nous prenons à nouveau notre repas sur un corps mort . mais nous n'y restons pas. L'endroit est lugubre et sale, tout est dit. Moteur pour le port de Portoferraio.

Le cadre est absolument magnifique, on comprend mal que Napoléon ait voulu retourner en France. Le ciel s'est découvert, il fait grand beau, nous compensons le manque de photos de la croisière avec celles de Portoferraio. Nous sommes dans le vieux port à vitesse très réduite. Ce qui est étonnant c'est qu'il y ait pas mal de places libres du côté bâbord. A tribord pas d'accès, les vedettes de douanes de la police financière et des carabiniers remplissent le quai. Pas d'accueil, pas de capitainerie. Nous sommes fascinés par trois anciens voiliers arrimés au quai d'honneur. CHA descend à la table à cartes pour lancer un appel radio . PAM observe depuis une minute l'endroit qui nous sera probablement attribué compte tenu de notre taille. Non CHA, arręte, n'appelles pas. Un bus des transports publics démarre dans un nuage noir de gasoil, deux motos le dépassent en faisant hurler leur moteur. Le quai est en bordure de la route principale, nous l'avons échappé belle, nous nous contenterons des photos pour cette fois.

Maintenant nous sommes amarrés au fond du chantier naval d'Esaom Cesa, il est bientôt cinq heures et demie, la ponceuse devrait s'arręter car ils ne connaissent pas le 3x8 par ici. Pour nous Elbe c'est fini. Nous traversons demain sur l'Ile de Capraia. Ah quelle belle fin de semaine nous allons passer là-bas !

Avec les cordiaux messages de l'équipage du TAFOLPA Charlotte & Pierre-André.

 

Mise à jour le Jeudi, 02 Août 2007 18:40
 

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